Posté le mardi 26 mai 2009 à 18h18 dans Romans
A propos des vertiges de l'écriture.... Dans ce roman, Agnès Desarthe avoue, en effet, avoir voulu initialement rendre hommage au Docteur Janus Korczak, grand pédagogue qui sauva les orphelins du ghetto de Varsovie. Mais voilà que cet homme illustre ressemble physiquement terriblement à son grand-père, le "remplaçant" puisque le "vrai", premier mari de sa grand-mère maternelle, est mort en déportation. Et c'est lui, ce vieil homme familier, qui va s'imposer à elle.
Elle l'aime beaucoup et pourtant, il n'est pas aussi beau ni brillant que le modèle original. Cet homme apparemment si simple, véritable anti-héros, n'est qu'un électricien médiocre mais quel raconteur d'histoires ! Et la fascination de la petite fille tient à cela : qu'on lui explique le monde, le savoir, la mémoire à travers des histoires, rien que des histoires !
Ce petit bijou de roman, subtile réflexion sur l'écriture, nous parle de racines, de mélanges de cultures, de grands destins qui marquent les esprits et de personnes ordinaires mais dont nous nous sentons extraordinairement proches ; tout cela sans emphase, discrètement et élégamment...
« Le remplaçant » par Agnès Desarthe, L'Olivier, 12,50€.

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