Posté le lundi 26 avril 2010 à 20h06 dans Romans
Certains livres, aussitôt pris en main, nous attirent irrésistiblement, et nous sommes convaincus, dans l'instant, d'avoir déniché une "petite perle". Ce brillant roman en est un exemple.
Andrés Miranda, médecin dans un hôpital à Caracas, apprend que son père, Javier, est atteint d'un cancer à un stade très avancé. La médecine ne peut plus rien pour lui. Alors que, dans sa pratique, il a toujours prétendu devoir adopter la plus parfaite clarté sur les diagnostics avec les malades, face à son père, ses convictions s'effondrent peu à peu. Andrés ne se résout à lui dire la vérité qu'après moultes diversions.
A cette histoire, se mêle une autre intrigue. Andrés, l'esprit entièrement occupé par son père, tente de repousser les appels pressants d'un malade, Ernesto Duran, dont la maladie, aux yeux d'Andrés, est imaginaire et psychologique. C'est Karina, la secrétaire d'Andrés, qui, à son insu, répondra aux messages d'Ernesto Duran, créant une situation explosive.
Avec ce roman, maîtrisé de bout en bout, sans jamais tomber dans le mélodrame, Alberto Barrera Tyszka, nous invite à mieux connaître la réalité de la maladie qui impose le silence et qui trace, immanquablement, et partout où elle se manifeste, des lignes de partage qui isolent et séparent les protagonistes et les témoins de cet évènement imprévisible.
Il nous fait sentir l'extrême douleur qu'ont les malades à se confronter aux derniers instants, à leur besoin de mots et de présence. Parle-moi, demanda t-il avec difficulté, comme s'il traînait les mots jusqu'à ses lèvres. Parle-moi de nous. Ne me laisse pas mourir en silence.
« La maladie » par Alberto Barrera Tyszka, Gallimard.

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