Posté le mardi 14 septembre 2010 à 17h32 dans Romans
En janvier 1896, un contingent de soldats italiens débarque dans la colonie italienne d'Erythrée, à Massaoua.
Dès les premières pages, le décor est planté. Sur place, vit une population indigène colorée entourée de gradés de l'armée italienne en mal de distractions. Leurs vies sont faites d'habitudes, de petits trafics, avec pour seuls divertissements la visite d'une africaine mi-sorcière mi-prostituée et les plaisirs de l'alcool.
Parmi les soldats italiens débarqués, venus renforcer l'armée en vue d'une grande offensive, il y a Scortino, berger des Abruzzes incompris de ses pairs, Pasolini, anarchiste internationaliste, tous deux enrôlés de force, il y a Barbieri qui rêve de l'Afrique et un brigadier des carabiniers à la recherche d'un officier assassin d'enfants... A Massaoua, arrive également d'Italie la belle Christina, aux intentions perverses, épouse de Léo Fumagalli, un caporal qui rêve de faire de la colonie un jardin. Parmi ces Occidentaux, on suivra des espions du Négus, dont Gabré, qui veut libérer son pays.
Dans ce roman choral, chaque personnage raconte son histoire.
Tout le roman converge vers la bataille d'Adoua, première bataille où une armée occidentale d'occupation a été mise en déroute par une armée africaine, celle du Négus Mélénik II. La défaite des Italiens à la bataille d'Adoua mettra fin pour un moment (avant l'offensive suivante sous Mussolini) aux ambitions italiennes et rendra son indépendance à l'Ethiopie.
Dans ce grand roman d'aventure, teinté de suspense et non dénué d'humour, le lecteur est pris immédiatement. L'écriture évocatrice de Carlo Lucarelli rend merveilleusement bien l'atmosphère, la chaleur collante, les odeurs, les sons, les différents dialectes parlés... C'est un livre qu'on ne lâche pas, une réflexion intelligente sur la colonisation et les hommes.
« La Huitième Vibration » par Carlo Lucarelli, Métailié.

librairiepapyrus.be.
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