Posté le lundi 30 novembre 2009 à 13h46 dans Essais & documents
Paradoxe du titre : on le croirait choisi par un des (nombreux) contempteurs de l'Etat-providence et autres "néos" qui colonisent journaux et plateaux de télévision.
Le propos de l'économiste James Galbraith, qui s'inscrit dans la lignée de son célèbre père John Galbraith, est assez différent : il démontre - avec quel brio ! - que le culte du Marché (état modeste, impôts limités, déréglementation, libre-échange...) n'est plus, aux Etats-unis, qu'un produit idéologique destiné aux gogos et à l'exportation. Depuis belle lurette, (25 ans ?), l'Etat américain subsidie au contraire généreusement ses propres entreprises, de préférence, bien entendu, celles qui sont proches du pouvoir.
L'économie américaine est régie par une coalition de puissants lobbies industriels, soutenus par un état prédateur qui, loin de limiter l'emprise du gouvernement sur l'économie, l'approfondit, pour détourner les fonds publics vers les intérêts privés.
Au moment où la gauche moderne a presque achevé sa conversion au marché libre, la droite conservatrice a complètement abandonné cette idée, y-compris dans les cercles universitaires les plus brillants, comme l'Ecole de Chicago. Il serait donc temps de se désintoxiquer du discours officiel (qui n'a gardé comme seule fonction que de masquer la réalité) et de comprendre que le marché n'apportera la solution ni à la crise, ni à la pauvreté, ni aux inégalités, ni aux problèmes écologiques.
Post-scriptum : pour les lecteurs pressés : lire la préface et le chapitre 11.
« L'Etat prédateur » par James K. Galbraith, Seuil.

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